La pollinisation
La pollinisation est un phénomène peu connu mais pourtant essentiel à notre autonomie alimentaire. Rien ne mûrit ni ne germe sans déplacement du pollen. Mais comment cela fonctionne t’il exactement et comment pouvons-nous augmenter nos chances d’obtenir des fruits ou de produire en abondance ? A commencer par les insectes et le vent, vous verrez que nous pouvons même jouer un rôle dans la reproduction des plantes.
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La pollinisation : définition et principe
Pour comprendre la pollinisation, il faut d’abord revenir à la source. Une plante se reproduit par ses fleurs, bien qu’il existe des exceptions. Ce sont ces fleurs qui vont donner des fruits, légumes et/ou graines. Les plantes aussi sont sexuées. L’étamine (mâle) va féconder le pistil (femelle). Pourtant, il existe plusieurs modes de reproduction.
On dit qu’une plante est hermaphrodite quand ses fleurs ont toutes une partie mâle et une partie femelle. C’est le cas de la majorité des plantes, dont la tomate, qui n’a pas besoin d’un autre plant pour produire des fruits.
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Une fois à maturité, le pollen de l’étamine (mâle) tombe sur le stigmate du pistil (femelle).
Une plante est dite monoïque quand il y a des fleurs mâles et des fleurs femelles sur un même plant. C’est le cas des noyers ou noisetiers mais je vais utiliser l’exemple du potimarron, plus parlant visuellement. Sur ces dernières, si vous voyez une petite boule sous la fleur, c’est une femelle car c’est le fruit qui peut se développer s’il est fécondé. Si la fleur n’est pas fécondée, le fruit mourra en quelques jours seulement, en même temps que la fleur.
Fleurs de potimarron mâle et femelle
Développement du potimarron après pollinisation de la fleur.
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Enfin, une plante est dite dioïque lorsque les fleurs mâles et les fleurs femelles ne sont pas sur le même plant. C’est le cas d’une minorité de plants, comme certaines variétés de kiwaïs (l’arbre qui produit des kiwis) ou de figuiers.
La pollinisation s’inscrit dans un écosystème global, expliqué en permaculture.
Le rôle naturel des insectes pollinisateurs
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On parle d’anémogamie quand une plante se reproduit grâce au vent. On parle d’entomogamie pour la pollinisation par les insectes. Ces derniers sont d’ailleurs les principaux pollinisateurs.
On pense souvent aux abeilles car elles pollinisent un grand nombre de fleurs et qu’on les apprécie pour leur miel, mais ce ne sont pas les seules. On trouve aussi parmi les insectes pollinisateurs les bourdons, guêpes, papillons, mouches syrphes, coléoptères et même les petits oiseaux comme les colibris.
Les abeilles pollinisent par exemple les pommiers, les tournesols, les trèfles. Les bourdons, grâce à leurs capacités de vibrations, sont efficaces sur les tomates et les aubergines. Les papillons pollinisent la lavande, buddleia ou sauge, les mouches syrphes les carottes ou les fraisiers. Les coléoptères se chargent des magnolias ou nénuphars…. Bien qu’il n’y ait pas toujours de fruits, il n’y aura pas de graines sans eux.
Il peut donc être intéressant de mettre des abris à proximité pour les insectes qu’on veut attirer selon le type de plante ainsi que des fleurs mellifères. Evitez de trop tailler les haies ou de trop tondre le gazon pour favoriser la biodiversité. Et si vous le pouvez, créez des coins avec du bois ou une mare.
Pollinisation croisée et manuelle
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Parfois, la pollinisation n’a pas lieu pour diverses raisons.
Soit votre plant est un mâle et il ne produira jamais rien ou des fruits non comestibles.
Soit votre fleur est une femelle non fécondée. En effet, il arrive souvent que les fleurs mâles poussent toutes en même temps puis meurent avant la floraison des femelles. Pour d’autres, il n’y a pas de plant mâle à proximité ou un manque de pollinisateurs.
Pour parer à ces problèmes, il est recommandé d’avoir plusieurs plants avec des floraisons synchronisées pour qu’il y ait plusieurs fleurs mâles et femelles en même temps. C’est le cas des arbres fruitiers. Même lorsqu’ils sont autofertiles, la pollinisation entre plusieurs arbres augmente la production de fruits.
Certaines reproductions ont donné des hybrides intéressants qui sont devenus labelisés. Par exemple, tentez un mélange entre une variété résistante et une variété dont vous aimez l’esthétisme ou le goût. Mais attention aussi aux déceptions. Par exemple, les graines d’un fruit mixé entre une courgette et un potimarron ont aussi donné des légumes biscornus et/ou fades.
On peut empêcher certains mâles de se développer pour contrôler les « naissances ». On peut aussi féconder la femelle manuellement en récupérant le pollen d’une fleur mâle avec un petit pinceau fin et en badigeonnant le pistil avec. Le pollen peut se conserver quelques semaines dans un petit flacon placé à un endroit sec, à l’abris de l’humidité.
La pollinisation apparaît ainsi comme un équilibre subtil entre les plantes, les animaux et parfois l’être humain. Qu’elle soit naturelle ou semi contrôlée, elle garantit la diversité génétique, la survie des espèces et l’abondance des récoltes. Dans un contexte où de nombreux pollinisateurs sont menacés, mieux connaître ce processus devient essentiel pour préserver les écosystèmes et assurer notre propre survie alimentaire.
