Permaculture au verger : comment créer un écosystème fruitier vivant et autonome
La permaculture consiste à recréer artificiellement un écosystème naturel
permettant aux arbres, aux plantes et aux animaux de cohabiter en harmonie et
de s’y développer de manière durable. L’homme trouve son équilibre dans cette nature qui lui fournit en contrepartie des ressources, des fruits et légumes en
abondance. Cela lui apporte une certaine autonomie alimentaire, tout en étant
respectueux de l’environnement. Mais par où commencer et comment développer une forêt comestible ? Voici quelques principes de base à connaître.
Crédit photo principale : JOGphoto sur Unsplash
Pourquoi le verger est idéal pour la permaculture ?
Le verger est particulièrement intéressant en permaculture. En effet, à l’inverse du
potager, où les légumes nécessitent souvent d’être renouvelés chaque année, les arbres fruitiers poursuivent leur croissance (généralement au printemps), devenant de plus en
plus robustes. Une fois bien implantés, ils nécessitent moins d’entretien, certains pouvant produire des fruits pendant des dizaines d’années. Ils apportent la biodiversité au jardin,
de par les zones d’ombre et de protection qu’ils créent (véritables
microclimats). Ils apportent aussi des ressources au sol, aux oiseaux, aux insectes, mammifères…
L'association des plantes en permaculture
Crédit photo : Sujay Paul sur Unsplash
Les plantes fixatrices d'azote
Les plantes sont un complément essentiel à la croissance des arbres fruitiers. En effet, alors que les jeunes arbres de moins de 3 ans auront besoin de plus d’attention humaine, avec des apports réguliers de terreau ou de compost, celles-ci vont prendre le relais pour les arbres plus anciens.
Les plantes fixatrices d’azote (comme le trèfle, petits pois…) vont par exemple nourrir le sol. On parle de guildes lorsqu’on crée des groupes récurrents d’arbres ou plantes, dont les associations sont mutuellement bénéfiques. Les fruitiers adorent les fixateurs d’azote.
Les plantes mellifères, vivaces et plantes amies
Les plantes mellifères vont venir attirer les insectes pollinisateurs comme les abeilles ou les bourdons,. Ceux-ci vont aussi s’atteler à améliorer la pollinisation des arbres fruitiers à proximité.
Pour comprendre comment le verger fonctionne comme écosystème, la pollinisation joue un rôle essentiel.”
Les buissons, baies et autres plantes à proximité peuvent être complémentaires à certains fruitiers pour se débarrasser de leurs nuisibles. Parmi eux, on trouve les « mauvais » champignons, bactéries ou insectes (cochenilles, pucerons). Par exemple, la menthe et le thym peuvent repousser les pucerons de par leur forte odeur, en plus de leurs propriétés antifongiques. La capucine attire les coccinelles, un insecte qui se délectera des pucerons. Il existe de nombreuses plantes amies du verger.
Les haies
Les haies sont un pilier du verger. Tous les insectes auxiliaires trouveront un abri dans une haie plantée autour du terrain qui protégera également les fruitiers du froid et du vent. C’est surtout le cas les premières années durant lesquelles ils sont particulièrement fragiles. Les haies servent aussi à nourrir les oiseaux tout au long de l’année.
Un point d'eau au verger pour la biodiversité
Crédit photo : Le Fruitier Normand
Un écosystème ne peut exister sans un point d’eau, surtout pendant les périodes de sécheresse. Celui-ci est une base essentielle de la permaculture. A la plantation des fruitiers, il leur faut de l’eau en abondance. Pendant les premières années de leur vie, en l’absence de pluie, il faut les arroser au moins une fois par semaine. C’est nécessaire jusqu’à ce que leurs racines puissent atteindre la nappe phréatique. Il faudra aussi de l’eau pour leurs soins contre les maladies, comme la bouillie bordelaise.
Il est donc essentiel d’avoir soit un puits à proximité, soit une rivière, soit des récupérateurs d’eau pour les arroser. Ces derniers impliquent d’avoir une gouttière pour que la quantité récupérée soit suffisante. Une mare (ou autre point d’eau naturel) est particulièrement utile pour donner à boire aux insectes pollinisateurs et aux oiseaux. Elle est souvent un point de rassemblement au verger. Elle attirera également d’autres animaux intéressants, comme les hérissons et les grenouilles, qui peuvent débarrasser les limaces dans le potager. En effet, pour créer une vraie autonomie alimentaire, le potager est un complément parfait au verger. Au bout de plusieurs années, les deux se compléteront avec harmonie, formant une véritable forêt comestible. L’air, la terre et l’eau doivent former un tout pour créer un équilibre naturel durable.
Le développement durable : vers un jardin autonome
Crédit photo : Le Fruitier Normand
Les apports donnés au sol pour les arbres fruitiers (fumier, compost, branches, feuilles mortes…) vont attirer beaucoup de « petites bêtes ». Il s’agit des insectes comme les cloportes et carabes et des vers de terre qui vont venir enrichir le sol. Il va être amélioré tant au niveau de la nourriture que du drainage.
Les racines des arbres vont se propager et certains vont communiquer entre eux par ces racines pour partager des informations et des nutriments. Cela va leur permettre de mieux s’adapter à leur environnement et devenir plus robustes et productifs. Les arbres anciens vont aider les nouveaux. Les champignons bénéfiques vont aussi les aider dans ces connexions.
De nouvelles espèces d’insectes et animaux vont être attirés par les abris que les arbres proposent et leurs apports en nourriture. Ils vont améliorer à leur tour la pollinisation en propageant les graines pendant leurs déplacements. Ils vont aussi enrichir le sol par leurs excréments ou à leur mort. D’ailleurs, cela équivaut aux mêmes effets que la corne broyée ou le sang séché, un complément alimentaire que l’on utilise sur les arbres fruitiers.
Des nichoirs pour oiseaux installés au jardin ou des ruches pour les abeilles faciliteront aussi leur installation durable au verger. Les fleurs vivaces et les fruits mûrissant à des périodes échelonnées leur procurera une nourriture tout au long de l’année.
En résumé, dans la permaculture associée au verger, on s’efforce de construire un écosystème durable et vivant. Il associe la faune et la flore comme dans la nature. Cet environnement équilibré (biodiversité) prend soin de lui-même. Il se substitue ainsi peu à peu aux soins cruciaux apportés par l’homme dans ses premières années de vie. Le verger devient autonome grâce à la permaculture. Il nous fait ainsi profiter de ses nombreux avantages pour nous-mêmes et les générations futures.
