Faire ses semis en intérieur : les secrets d’une germination optimale
Faire ses semis en intérieur permet de commencer ses cultures plus tôt dans l’année et de choisir exactement les variétés que l’on souhaite faire pousser. Pourtant, obtenir de beaux plants n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît : une graine peut ne pas germer, pourrir, pousser de travers ou donner une jeune plante trop fine.
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir du matériel compliqué pour réussir ses semis en intérieur. En respectant quelques principes simples et en observant bien ses graines et ses jeunes plants, on peut déjà obtenir de très bons résultats.
Dans cet article, je vous présente les bases de la germination et ma méthode pour réaliser mes semis en intérieur, avec quelques astuces issues de mes propres essais. Nous verrons également pourquoi certaines graines refusent de germer et comment les tester autrement lorsque l’on a un doute.
Les bases pour faire ses semis en intérieur
La plupart des semis ont besoin de plusieurs conditions essentielles pour bien germer : es graines de qualité, une température adaptée, une humidité régulière et, selon les variétés, des conditions de lumière particulières.
Des graines de qualité
Les graines doivent avoir été stockées dans de bonnes conditions, dans un endroit sec, à l’abri de l’humidité et de la chaleur. L’âge de la graine contribue également à son taux de germination. À titre indicatif, de nombreuses graines se conservent correctement pendant environ 2 à 5 ans, selon les variétés. Leur pouvoir germinatif diminue progressivement au fil des années : une graine récente a donc les meilleures chances de germination.
Vous pouvez consulter les conseils de SEMAE sur la qualité et la conservation des semences pour en savoir plus.
La bonne température et la lumière
De nombreux semis germent correctement autour de 20 °C, même si chaque espèce possède ses propres préférences. Une pièce lumineuse, une véranda chauffée ou un bureau peuvent convenir. Semer en intérieur permet également de protéger les graines des petits animaux et des oiseaux.
Avant la germination, la lumière n’est généralement pas indispensable, car beaucoup de graines germent naturellement lorsqu’elles sont recouvertes de terre. Certaines espèces font toutefois exception et ont besoin de lumière : leurs graines doivent alors rester à la surface du substrat ou être très légèrement recouvertes.
Après la germination, les jeunes plants ont besoin de beaucoup de lumière pour éviter de s’étioler. Avec un éclairage artificiel, 12 à 16 heures de lumière par jour constituent une bonne indication. Avec une lumière naturelle suffisante, installez les semis dans l’endroit le plus lumineux possible, tout en évitant une chaleur excessive derrière une vitre en plein soleil.
Une humidité maîtrisée
Les graines ont besoin d’une humidité régulière pour germer. Le substrat doit rester humide, mais jamais détrempé, car l’excès d’eau peut favoriser le pourrissement des graines et des jeunes racines.
Un terreau spécial semis est idéal : fin et léger, il facilite la sortie des jeunes racines et ne contient généralement pas de gros morceaux de bois, d’écorce ou de fibres susceptibles de gêner leur développement.
Comment faire ses semis en intérieur ?
Crédit photo :
Préparer les alvéoles
On prend un bac de semis, par exemple un modèle de 54 alvéoles d’environ 4 cm, puis on remplit chaque alvéole avec du terreau de semis. On tasse légèrement avec les doigts afin de s’assurer que le terreau est bien réparti, sans laisser de zones trop peu remplies.
Pour les graines de taille moyenne, on peut ensuite former un petit trou au centre de chaque alvéole.
Humidifier le terreau
On humidifie une première fois l’ensemble du terreau, idéalement avec un jet fin, comme une pluie. On peut utiliser de l’eau de pluie ou simplement de l’eau du robinet. Si l’on souhaite limiter le chlore, il est possible de laisser cette dernière reposer quelques heures dans un récipient ouvert.
Lorsque le terreau est suffisamment humide et légèrement collant, on peut déposer les graines.
Déposer et recouvrir les graines
Les petites graines, comme celles des fraisiers, peuvent être déposées à la volée autour du centre de l’alvéole. Il est difficile de les compter ou de les positionner précisément.
Pour les graines moyennes, on peut en déposer 2 à 3 dans chaque trou. Une seule graine ne permet pas toujours d’obtenir un plant.
On recouvre ensuite les graines d’une couche très fine de terreau, juste assez pour ne plus les voir. Contrairement à ce que l’on peut parfois lire, il n’est pas nécessaire de respecter systématiquement une profondeur précise de 1 ou 2 cm. L’essentiel est surtout de ne pas enterrer la graine trop profondément : plus la plantule doit parcourir de distance avant d’atteindre la surface, plus elle risque de manquer d’énergie pour sortir du sol.
Une fois la plantule sortie, on pourra éventuellement ajouter un peu de terreau autour du pied et le tasser légèrement pour mieux l’ancrer, ou le faire au moment du repiquage.
On humidifie enfin une seconde fois par pulvérisation. Cela permet de maintenir la graine au contact du terreau tout en l’humidifiant.
Couvrir le bac de semis
Pour terminer, on couvre le bac avec une cloche afin de maintenir une humidité régulière, puis on le place sur son plateau.
Pour en savoir plus sur le maintien de bonnes conditions d’humidité, je vous conseille de lire mon article Comment arroser des semis en intérieur ?
Vous pouvez aussi créer une mini serre maison avec une bouteille.
Cas des grosses graines : les courges, petits pois et autres grosses graines gagnent souvent à être semés directement dans leur pot final, car ils encombrent rapidement les petites alvéoles.
Il faut également tenir compte du sens de la graine. Pour les courges, par exemple, la pointe doit être orientée vers le haut. En cas de doute, il vaut mieux poser la graine à plat plutôt que de la placer dans le mauvais sens. Dans ce cas, la tige peut devoir se contorsionner pour atteindre la surface et dépenser inutilement de l’énergie au lieu de produire ses premières feuilles, les cotylédons.
Pourquoi certains semis en intérieur ne germent pas ?
Quand les graines ne germent pas
Il arrive que certaines graines soient récalcitrantes malgré tous nos soins.
Cela peut être lié, comme nous l’avons vu, à leur qualité, mais aussi à leurs conditions de transport ou de stockage. Pour chaque variété, je vous conseille donc de comparer au moins deux fournisseurs afin de voir si cela fait une différence. Si c’est le cas, ne tirez toutefois pas de conclusion définitive à partir d’un seul achat : un lot peut parfois être moins performant qu’un autre.
Avant d’abandonner, il faut également vérifier s’il n’y a réellement aucune germination, ou si celle-ci s’est simplement arrêtée en cours de route. Dans le terreau, ce n’est pas toujours facile à déterminer.
Tester les graines sur du sopalin
Pour en avoir le cœur net, je recommande de faire un deuxième test de germination.
Prenez une boîte hermétique type Tupperware et déposez-y un morceau de sopalin humidifié, mais non détrempé. Répartissez quelques graines dessus, puis recouvrez-les d’un second sopalin également humidifié. Fermez la boîte et placez-la dans un endroit à environ 20 °C.
Vérifiez l’évolution des graines tous les trois ou quatre jours.
J’ai personnellement obtenu de meilleurs résultats avec cette méthode. Une fois que la graine a produit une racine et ses deux premières feuilles, vous pouvez la planter dans son pot définitif. Cette technique permet également de voir facilement dans quel sens planter la graine, ce qui peut être particulièrement utile pour certaines espèces.
Certaines graines ont besoin de froid : la stratification
Enfin, certaines graines ne germeront pas, quoi que vous fassiez, car elles ont besoin d’une période de stratification.
Dans la nature, certaines graines tombent au sol mais retardent leur germination lorsque les conditions ne sont pas favorables à leur survie, notamment pendant l’hiver. Elles entrent alors en dormance et attendent le retour de conditions adaptées.
Pour certaines espèces, il faut donc reproduire artificiellement cette période de froid humide afin de lever la dormance. Les graines peuvent être placées dans le bac du réfrigérateur, sur du sopalin humidifié et dans une boîte fermée, pendant la durée nécessaire à l’espèce.
Cette période peut varier de quelques semaines à plusieurs mois selon les variétés.
C’est notamment le cas de la lavande.
Quand a lieu le repiquage ?
Les plantes qui sont semées en bac de semis vont évoluer et se retrouver très vite à l’étroit. Pour poursuivre leur croissance, vous devez les changer de pot (ce qu’on appelle le repiquage, ou rempotage).
Attendez que la plante ait formé deux vraies feuilles, en plus de ses deux cotylédons, soit quatre feuilles au total. Les cotylédons sont les premières feuilles de la plante. Ils contiennent les réserves nécessaires au démarrage de la jeune plantule et peuvent également participer à la photosynthèse.
Pour enlever un plant du bac de semis, on peut par exemple utiliser un crayon et le passer dans le trou en dessous, ce qui permet de sortir le petit carré où est la plante.
Prenez ensuite votre pot individuel, creusez un trou au milieu et placez votre plante dedans. Il faut bien tasser autour pour que le plant tienne, sans pour autant que la terre soit trop compacte. La hauteur idéale est juste sous les cotylédons (et le moins de tige possible en dessous). Toujours bien arroser le plant après le repiquage, car la plante est d’abord stressée par son changement d’environnement et perd de l’eau.
Quand faut-il faire ses semis en intérieur ?
La période de semis dépend de chaque variété. Certaines graines peuvent être semées très tôt dans l’année, tandis que d’autres ont besoin de davantage de chaleur et seront semées plus tard.
En intérieur, il est toutefois possible d’avancer certains semis par rapport à un semis directement au jardin, puisque les graines et les jeunes plants sont protégés du froid.
La plupart des semis restent environ 6 à 8 semaines dans leur bac de semis avant d’être repiqués. Après le repiquage, il faut encore compter plusieurs semaines de croissance avant de pouvoir les installer au jardin, selon les variétés et les conditions. Cette période peut parfois durer un mois supplémentaire. Certaines plantes sont toutefois destinées à rester en pot et poursuivront leur croissance dans leur contenant.
Pour la plupart des plants destinés à être installés au jardin, il ne faut donc pas semer trop tôt. Dans le Nord de la France, les plantations en pleine terre se font généralement à partir de la fin mai, après les Saints de Glace, lorsque les risques de gelées sont plus faibles.
Semer trop tôt peut donner des plants qui restent longtemps en intérieur et finissent par manquer de lumière ou de place.
Le plus simple est de se référer aux indications présentes sur le sachet de graines, qui précisent généralement les périodes de semis recommandées.
FAQ – Semis en intérieur
Combien de temps faut-il attendre avant de considérer qu’une graine ne germera pas ?
Pour beaucoup de graines courantes, les premières germinations apparaissent en 3 à 10 jours lorsque les conditions sont favorables. Certaines sont plus rapides ou plus lentes. Les arbres, arbustes et graines nécessitant une stratification peuvent demander beaucoup plus de temps : vérifiez donc les besoins de l’espèce avant d’abandonner.
Pourquoi mes semis deviennent-ils longs et fins ?
C’est généralement le signe d’un manque de lumière. La jeune plante s’allonge pour chercher davantage de lumière : rapprochez-la d’une source lumineuse adaptée.
Pourquoi mes graines pourrissent-elles ?
Le plus souvent à cause d’un excès d’humidité. Le substrat doit rester humide, mais pas détrempé. Une mauvaise circulation de l’air peut également favoriser les moisissures.
Que faire si la graine reste coincée avec son enveloppe ?
Évitez de tirer dessus brutalement. Maintenez une humidité suffisante afin que l’enveloppe puisse se ramollir et se détacher naturellement.
Faut-il retirer la cloche après la germination ?
Oui, progressivement. Une fois les graines levées, augmentez la circulation de l’air afin de limiter l’excès d’humidité. Retirez également la cloche lorsque les jeunes plants commencent à la toucher.
Pourquoi certaines graines germent-elles et pas d’autres ?
Même semées en même temps, les graines peuvent avoir une vigueur différente. L’âge, la qualité du lot et les conditions de conservation peuvent notamment influencer le taux de germination.
Faut-il mettre les graines à la lumière pour les faire germer ?
Pas forcément. Beaucoup de graines germent dans l’obscurité, mais certaines espèces ont besoin de lumière. Vérifiez donc les besoins de la variété avant de recouvrir les graines.
Conclusion
Faire ses semis en intérieur n’est finalement pas si compliqué. Les graines ont surtout besoin de quelques conditions essentielles pour démarrer : une température adaptée, une humidité régulière et, une fois germées, suffisamment de lumière.
Mais il n’existe pas une méthode unique qui fonctionne parfaitement pour toutes les graines. Certaines germent très facilement, tandis que d’autres demandent davantage de patience ou des conditions particulières. C’est pourquoi observer, tester et adapter sa méthode permet souvent de mieux comprendre ce qui fonctionne pour chaque variété.
Avec quelques habitudes simples et un peu d’expérience, les semis deviennent rapidement beaucoup plus faciles à réussir. Et surtout, ne vous découragez pas au premier échec : une graine qui ne germe pas est aussi l’occasion de comprendre pourquoi et d’améliorer le prochain semis.
