Composter sans composteur
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Composter sans composteur : fabriquer son compost maison facilement

Composter sans composteur chez soi, c’est possible. On peut tout à fait démarrer des plantes en pots, destinées à être installées sur un balcon ou au jardin. Cette technique de permaculture est idéale pour recycler ses déchets tout en nécessitant très peu de matériel.
Accessible aux débutants, elle permet de fabriquer un compost maison efficace, même dans de petits espaces. Elle constitue donc une excellente première expérience de culture naturelle.

Source image principale : Joshua Hoehne sur Unsplash

Composter sans composteur : quel récipient utiliser ?

récipient pour composteur maison

Un compost maison sans composteur nécessite une boîte de forme et taille quelconque (plastique, bois…). Fermez cette boîte mais pas hermétiquement pour laisser passer l’air. Ainsi, un couvercle posé légèrement ou un torchon tenu par un élastique suffiront pour éviter aux insectes indésirables de s’installer à l’intérieur. 

Certes, ce processus diffère du compostage au jardin, où les vers de terre et autres insectes vont décompacter la terre. Il fonctionne selon la chaleur générée par les déchets, l’oxygénation ainsi que la décomposition par les micro organismes contenus dans la terre.

Pour cette raison, placez le récipient dans un endroit situé entre 25 et 30°C pour une décomposition optimale.  Il est donc recommandé de le placer à l’intérieur.

En dessous des 20°C, le processus de décomposition peut ralentir, voire, s’arrêter passé un certain seuil. Lorsqu’il fait froid, il faut plus aérer le compost et moins l’humidifier.

Au-dessus des 35°C, cela risque de fermenter au lieu de se composter, créant des mauvaises bactéries (et donc des odeurs).

Quelles matières composter (et éviter) ?

composter sans composteur - déchets verts et bruns

Un bon compost maison sans composteur est constitué d’un mélange équilibré entre des matières vertes et des déchets bruns. On y ajoute idéalement de la terre. En effet, elle contient les micro organismes accélérant la décomposition et permet d’enterrer les déchets verts susceptibles d’attirer les moucherons (en particulier tout ce qui est sucré : bananes, tomates…). 

La terre de votre jardin (le cas échéant) sera idéale si vous repiquez votre plante, car elle s’y sera déjà adaptée. 

Et si vous êtes en appartement, il ne suffit que de quelques poignées de terre récupérées dans la nature. Du moment que vous ne creusez pas un trou et ne saccagez aucun plant, personne ne s’y opposera. Même une petite quantité d’un vieux pot de plante chez vous permet de récupérer ces micro organismes. Rassurez-vous, ces derniers sont toujours en vie, survivant depuis des centaines de millions d’années, bien avant les plantes. On en trouve entre 5 et 50 milliards par poignée de 50g !

Matières vertes (déchets riches en azote)

Les matières vertes regroupent les épluchures de fruits et légumes,  les tontes de gazon et autres déchets verts, les coquilles d’oeuf, marc de café, sachets de thé… 

Matières brunes (déchets secs)

Les déchets bruns (ou matières sèches) regroupent les petites brindilles et feuilles mortes, cartons (non imprimés) ou papier kraft, sopalins (non blanchis).

Déchets à limiter

On limite les apports en riz, pâtes, pain et épluchures de pomme de terre. En effet, les féculents (sucres lents) peuvent fermenter et attirer des nuisibles ou ralentir la décomposition (surtout crus). On doit aussi utiliser les agrumes avec parcimonie car ils acidifient le sol. Pour s’adapter à la majorité des cultures, il vaut mieux se rapprocher d’un sol avec un ph neutre.

Déchets interdits

On proscrit la viande ou le poisson, le lait et les matières grasses, qui risquent de pourrir.

Composter sans composteur rapidement

Couper les déchets

Coupez vos déchets en petits morceaux pour que cela se décompose plus vite.

Alterner les couches

Alternez ensuite des couches successives de matières vertes et de matières brunes (50% de chaque), en ajoutant de la terre au mélange de temps en temps.

Humidifier correctement pour composter sans composteur

Mettre 1 à 2 cuillères à soupe d’eau pour 2l de déchets, certaines matières comportant déjà de l’eau. La terre doit être humide mais pas détrempée, pour éviter les moucherons. La texture idéale fait penser à une éponge essorée.

Aérer régulièrement

Ensuite, il suffit d’aérer le pot une  à deux fois par semaine en retournant la terre avec une cuillère en bois et d’y maintenir une humidité constante. Cela apporte de l’oxygène et accélère le processus, empêchant la fermentation et les mauvaises odeurs. Selon les déchets utilisés et la température, ce compost mûrit en 4 à 12 semaines. C’est plus rapide en été qu’en hiver.

Pour réguler l’humidité, on ajoute de l’eau si c’est trop sec ou du carton si c’est trop humide. D’ailleurs, le carton, comme le marc de café, absorbe les mauvaises odeurs.

Reconnaître un compost prêt

Soyez patient avant d’utiliser votre compost. S’il n’est pas suffisamment décomposé, il peut produire l’effet inversement souhaité et brûler les racines des plantes. Lorsqu’il est prêt, le compost a une odeur de terre forestière, il est sombre et on ne distingue plus les gros morceaux.

Un compost bien décomposé devient homogène et fin. C’est idéal pour les semis car les graines auront moins de mal à percer. On peut se procurer un petit tamis (attention à ne pas prendre une taille de tamis trop serrée car le terreau, surtout humide, aura du mal à passer à travers).

Pour aller plus loin, le Sietrem (par exemple) propose régulièrement des ateliers et stages pour apprendre à fabriquer son propre compost ou mieux gérer ses déchets organiques.

Conclusion pour composter sans composteur

Fabriquer son compost maison sans composteur est une méthode simple, économique et parfaitement adaptée aux petits espaces. En respectant l’équilibre entre matières vertes et brunes, une bonne aération et une humidité maîtrisée, vous obtiendrez un compost de qualité en quelques semaines seulement. Cette technique de permaculture vous permet de recycler vos déchets tout en enrichissant naturellement la terre de ses plantes, que ce soit en appartement, sur un balcon ou au jardin.

Pour poursuivre vos premières expériences de culture, découvrez aussi comment arroser vos semis en intérieur, une étape essentielle pour bien démarrer vos plantations.

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