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Les 7 erreurs à éviter quand on plante un arbre fruitier

Planter un arbre fruitier sans connaître les erreurs de plantation les plus courantes, c’est risquer de compromettre sa croissance et sa récolte. Ca paraît pourtant simple en théorie : on creuse un trou, on pose l’arbre, on arrose, on obtient des fruits… Mais une fois sur le terrain, la nature a ses propres règles et un débutant les découvre souvent… trop tard.

Voici donc les 7 erreurs de plantation d’un arbre fruitier les plus fréquentes. Je vous donne les astuces qui éviteront à votre arbre de devenir plus décoratif que productif… ou pire, de finir en bois de chauffage pour l’hiver. Ce n’est pas vraiment votre objectif, n’est-ce pas ?

Crédit photo principale : Le Fruitier Normand

1 : Absence de haie

Un arbre fruitier n’est pas un arbre pionnier. En résumé, dans la nature, ce n’est pas celui qui pousse le premier dans une forêt ou une prairie. C’est même l’un des plus fragiles au jardin. Il ne peut pas produire des fruits tout en luttant pour rester en vie face au vent ou à la sécheresse. Affaibli, il est sujet aux maladies, ses fleurs tombent, ses branches se cassent… Même si vous êtes pressé de voir pousser votre fruitier, prenez le temps de lui préparer d’abord une haie qui lui servira de rempart naturel. Une haie protège du vent, crée un microclimat et garde l’humidité du sol. Elle n’a pas besoin d’être proche de l’arbre : elle est optimale entre 5 et 20 mètres de distance, et reste encore efficace jusqu’à environ 40 mètres.

2 : Trou de plantation trop petit… ou trop grand

trou plantation arbre fruitier

Crédit photo : Le Fruitier Normand

Un trou doit faire idéalement :

    • la hauteur des racines en profondeur,
    • et 2 à 3 fois la largeur des racines en largeur.

Un arbre dans un trou trop petit, c’est un arbre qui n’est pas ancré dans le sol. Les racines dépassent, l’air circule entre la terre et le tronc et les racines finissent par pourrir.

Un trou trop grand peut entraîner la pourriture du tronc, surtout si l’arbre est greffé : le point de greffe doit toujours rester au-dessus du sol.

Petit rappel utile pour les débutants : une greffe, c’est quand un arbre est en réalité la fusion de deux arbres :

  • celui qui possède les racines, appelé porte‑greffe,
  • celui qui porte les branches et les fruits, appelé greffon.

Là où les deux ont été assemblés, on voit un petit renflement sur le tronc : c’est le point de greffe.

point de greffe arbre fruitier

3 : Laisser la terre à nu

Quand on plante un arbre, on pense souvent au terreau ou du fumier… mais on pense rarement à recouvrir le sol… Une grave erreur car on offre ainsi une terre meublée aux fourmis, un lieu idéal pour y installer leur fourmillière ainsi que leur élevage de pucerons. Au printemps, ils n’auront plus qu’à grimper sur votre arbre. Ne laissez pas la terre à nu : plantez un couvre sol non concurrentiel, c’est-à-dire qui ne prend ni les mêmes nutriments ni l’eau en profondeur. Un couvre‑sol est une petite plante qui pousse au pied de l’arbre et protège la terre. Le trèfle blanc, par exemple, fixe l’azote dans le sol (les fruitiers en ont besoin), garde l’humidité en surface et ne gêne pas le fruitier. Un allié parfait.

4 : Oublier le tuteur

Un fruitier fraîchement planté est fragile. Sans tuteur, il peut pousser de travers ou se casser sous l’effet du vent. Le tuteur doit être installé au moment de la plantation du côté du vent dominant (à l’ouest en Normandie). Vous éviterez ainsi de blesser les racines en l’ajoutant après coup.

5 : Planter trop près d'un arbre ou bâtiment

Planter trop près d’un autre arbre ou d’une structure fait partie des erreurs de plantation d’un arbre fruitier les plus courantes chez les débutants. Les arbres ont besoin d’espace, au-dessus comme en dessous du sol. Leur système racinaire s’étend souvent aussi loin que leurs branches.

Quelques repères :

  • Un arbre de 5 m d’envergure doit être espacé d’au moins 5 m d’un autre arbre.
  • On évite les arbres de plus de 2 m de haut à moins de 2 m du grillage du voisin.
  • On ne plante jamais un arbre de 10 m de haut près d’une maison : les racines peuvent fissurer les fondations.

6 : Laisser le porte-greffe repousser

rejet-porte-greffe

(Voir l’explication sur les greffes au point 2)

Les petites feuilles qui repoussent en bas du tronc de l’arbre ne sont pas mignonnes. Il ne faut surtout pas les laisser prendre de l’ampleur. Elles appartiennent au porte-greffe, pas à la variété que vous avez choisie. Si vous les laissez pousser, votre cerisier doux peut se transformer en cerisier acide. En clair : votre arbre greffé… ne sera plus greffé du tout.

7 : Planter sans vérifier la pollinisation

Certains fruitiers sont autostériles, c’est-à-dire qu’ils ont besoin d’un autre arbre compatible à proximité pour produire des fruits. D’autres sont mâles et ne donneront jamais de fruits comestibles. Sans vérifier la pollinisation, vous risquez de planter un bel arbre… mais totalement improductif.

Si vous vous voulez en savoir plus, je vous incite à lire cet article sur la pollinisation.

Bonus : oublier de noter la variété

Notez toujours la variété (et la date de plantation). Elle indique :

  • si l’arbre est autostérile,
  • s’il est sensible aux maladies,
  • s’il est précoce ou tardif,
  • et quelles sont ses exigences de culture.

C’est une information essentielle pour éviter les mauvaises surprises.

Conclusion

Planter un arbre fruitier, ce n’est pas juste creuser un trou : c’est poser les bases d’un futur verger. En évitant ces erreurs de plantation d’un arbre fruitier, vous donnez à votre arbre tout ce dont il a besoin pour s’enraciner, résister, pousser droit et produire vraiment. Un fruitier bien planté, c’est des années de récoltes, zéro galère et un jardin qui vit. Préparez le terrain, choisissez la bonne variété… et votre arbre fera le reste. 

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